Le but de ce papier est de faire un récapitulatif des hausses des prix sur les 100 dernières années aux États-Unis et de chercher des points communs avec ce qui se passe aujourd’hui.

Commençons par les deux prix qui comptent vraiment : la nourriture et l’énergie.

Pour la nourriture, je prends le prix du blé (Kansas) sur les 100 dernières années et pour l’énergie, le prix d’un baril de pétrole à Cushing (WTI).

Voilà le résultat :

 

 

Depuis janvier 1923, le prix du blé a été multiplié par 7 et le prix du pétrole par 47.

Disposant des deux cours sur un siècle, je peux bâtir un indice des prix qui serait constitué de 50% d’énergie et de 50% de nourriture à tout moment, et c’est cet indice qui apparait en bas, en noir.

Je l’appellerai l’indice IDL du coût de la (sur)vie aux États-Unis.

D’où il ressort que, en un siècle, la valeur du dollar a baissé de 97% en termes de blé et d’énergie.

Première question : comment cet indice se comporte-t-il par rapport à l’indice officiel des prix aux États-Unis ?

Voici la réponse :

  1. Comme le lecteur peut le voir, de 1923 à 1972, soit la moitié de la période, les deux indices se suivaient.
  2. Depuis que le lien entre le dollar et l’or a été brisé par Nixon en août 1971, la hausse des prix s’est accélérée structurellement et la quasi-totalité de la baisse de la valeur du pouvoir d’achat du dollar a eu lieu pendant les cinquante dernières années.
  3. Historiquement, nous avons eu trois grandes périodes inflationnistes : la seconde guerre mondiale, les années 1970 et les années 2003 à 2012.
  4. La question à mille francs est : sommes-nous en train de rentrer dans une nouvelle période inflationniste ? Ma réponse est : sans doute, oui, puisque les taux réels sont encore négatifs aux États-Unis et en Europe.
  5. Comme le lecteur peut le voir sur le deuxième graphique, pendant ces trois périodes, les taux d’intérêts réels (déduction faite de la hausse des prix) sur les bons du Trésor à 3 mois étaient négatifs (hachures vertes sur le graphique).
  6. D’où je conclus qu’à chaque fois, la banque centrale a voulu que la hausse des prix, c’est-à-dire la baisse de la valeur de la monnaie se déclenche.

 

 

Et je dois dire que là, j’ai du mal à comprendre puisque chaque période de hausse de l’inflation, qui suit toujours une période de taux réels négatifs, a été une période misérable pour l’économie américaine.

D’abord la productivité du travail baisse, et avec elle, le niveau de vie des plus pauvres.

 

 

Comme je l’ai expliqué dix fois dans ces bulletins, des taux d’intérêts trop bas favorisent la spéculation financière au détriment de l’investissement productif.

Le stock de capital n’augmente plus tandis que le prix des actifs existants monte, la contrepartie étant une augmentation de la dette, ce qui tend à rendre le système de plus en plus fragile.

Comme la productivité du travail baisse, puisque le stock de capital n’augmente plus, les prix montent… et le niveau de vie des plus pauvres baisse encore plus…

Et comme les prix montent, les multiples cours bénéfices baissent, et les riches s’appauvrissent à leur tour (avec retard).

Donc, il vaut mieux avoir de l’or que des actifs financiers et c’est ce que montre mon dernier graphique.

 

 

Avoir des obligations longues à taux fixe quand la banque centrale maintien des taux réels négatifs « est plus qu’un crime, c’est une faute ».

J’enrage, car ce que me dit la banque centrale, c’est que je dois enterrer mon talent en achetant de l’or, de l’argent, des œuvres d’art, du foncier aux États-Unis et en Australie, de l’immobilier à Hong Kong, car le but des autorités est de me voler mon argent si je l’ai gagné en prenant des risques entrepreneuriaux.

En effet, si j’ai investi mes quatre sous dans une affaire risquée, alors je perdrai lorsque la crise inflationniste fera monter les taux d’intérêts à 10% ou à 20%, mon affaire faisant faillite, et je perdrai encore si je gagne de l’argent malgré tout, car il me sera confisqué par une législation sociale étatique qui continuera à me ruiner.

Ce qui m’agace le plus, c’est bien entendu que cette politique est menée au nom du libéralisme, ce qui revient à dire que la Saint Barthélemy a été menée au nom du Christ.

CONCLUSION

Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi des politiques keynésiennes qui ont toujours échoué partout et continuent à être suivies dans les pays de l’OCDE, en particulier. Après tout, tout le monde sait que l’inflation appauvrit toujours la nation.

Certes, certes, mais l’inflation permet des transferts de richesse incroyables des entrepreneurs à l’État et à son personnel sans que quiconque ait besoin de voter.

La seule explication que je puisse trouver, c’est donc que ces politiques permettent aux élites administratives qui nous dirigent depuis des lustres de liquider à leur profit les petits et moyens entrepreneurs, au profit d’une économie où règne en maître les arrangements entre copains et coquins.

Dans le fond, nos élites font ce que les syndics de faillite opérant auprès des tribunaux de commerce font en France depuis des lustres.

Nos élites sont des pilleurs d’épaves.

  • Nous le voyons avec le mythe du réchauffement atmosphérique, les faux investissements ayant besoin de taux zéro pour rémunérer les copains.
  • Nous l’avons vu, oh combien, avec l’EDF, Alsthom, Areva…
  • Nous le voyons avec le Covid, où les États ont besoin de taux zéro pour pouvoir payer des vaccins qui ne servent à rien en endettant les États et pour enfermer tout le monde pour asseoir leurs pouvoirs en continuant à nous payer à ne rien faire.
  • Nous le voyons avec la guerre en Ukraine, où des dizaines de milliards sont payés rubis sur l’ongle à des entreprises d’armement, chez nous, qui fournissent des armes à l’Ukraine tandis que la dette apparaît dans nos déficits budgétaires car cet argent ne sera jamais remboursé par l’Ukraine à qui que soit et certainement pas aux pays qui ont vendu des armes.
  • Derrière chaque creusement du déficit budgétaire, on trouve toujours de grands groupes un peu trop proches des pouvoirs politiques, à mon goût en tout cas.

Dans le fond, je me dis que la seule explication rationnelle qui permette d’expliquer que des politiques Keynésiennes continuent à être appliquées aujourd’hui est que ce genre de politique a toujours permis à une classe criminelle si elle arrivait au pouvoir de piller sans aucune vergogne les ressources et les actifs des pays dont ces élites ont reçu la charge. Et donc, je pense que la hausse des prix aux États-Unis va continuer de plus belle puisqu’après tout, les chefs des pilleurs d’épaves y résident.

En résumé, je continue à investir partout, sauf dans les pays dirigés par des Keynésiens.


Source originale: Institut Des Libertés | Think Tank