L'institut Ipsos a publié la semaine dernière une enquête sur l’épargne des Français, qui révèle plusieurs faits saillants. Le premier concerne son montant total : près de 6 500 milliards € — précisément 6 477,6 milliards € — englobant essentiellement les comptes courants, les livrets, l’assurance-vie et les actions. Il s’agit d’un niveau record, jamais atteint jusqu’à présent. Autre élément : l’incertitude politique qui perdure depuis la dissolution de juin 2024 incite les ménages à épargner toujours davantage.
L’épargne est également encouragée par une prise de conscience de la faillite du système de retraite par répartition. Ainsi, 81 % des personnes interrogées se disent inquiètes quant à son avenir, soit une hausse de 15 points par rapport à 2024. Par ailleurs — bonne surprise — une majorité de Français — en avance sur la classe politique — souhaite l’introduction de la capitalisation : 60 % sont favorables au développement des fonds de pension. Cette option est préférée à une augmentation des cotisations (42 %), à un recul de l’âge de départ à la retraite (42 %) ou à une diminution des pensions, massivement rejetée par 82 % des sondés.
Mais dans quoi investissent les Français ? Le constat est plutôt décevant : les épargnants privilégient majoritairement des produits sûrs, mais peu rémunérateurs (51 %, soit une hausse de 6 points en deux ans). À l’inverse, 30 % conservent un attrait pour des placements plus risqués, mais potentiellement plus rémunérateurs, tandis que 19 % ne se prononcent pas. Dans leur majorité, les Français font ainsi le choix de voir leur effort d’épargne partiellement érodé par l’inflation...
Dans les « placements risqués », Ipsos considère les actions et les cryptomonnaies, sans toutefois inclure l’or. D’ailleurs, curieusement, je ne me rappelle pas avoir vu une telle enquête sur l’épargne mentionnant l’or… il faudrait peut-être que les instituts de sondage se réveillent ! Pourtant, les particuliers français détiennent des quantités significatives d’or — estimées à environ 3 000 tonnes sous forme de pièces et de lingots, hors joaillerie — soit davantage que les réserves détenues par la Banque de France (2 435 tonnes). La place de l’or dans les études sur l’épargne mériterait ainsi d’être davantage interrogée.
Bref. Ce choix, peu favorable en termes de rendement réel puisque ces produits rapportent moins que l’inflation, s’explique notamment par le fait que, « pour s’informer sur l’épargne, les Français s’appuient principalement sur leur banque » à hauteur de 44 %, selon Ipsos. Or, les établissements bancaires ont un intérêt direct à placer leurs propres produits, tels que les livrets ou l’assurance-vie. Les Français considèrent leur banquier comme leur médecin, alors qu’il est avant tout un commerçant.
Épargner est donc une démarche pertinente, en particulier lorsqu’il s’agit de préparer sa retraite — ou plus précisément de compenser les fragilités du système actuel. Dans une optique de long terme, l’or physique s’impose naturellement comme un actif capable de préserver le pouvoir d’achat, voire de l’accroître. Les actions et le bitcoin constituent également des options, mais ce sont des placements plus complexes, qui exigent discernement et suivi attentif. En revanche, l’assurance-vie ne semble guère adaptée à cet objectif, malgré une collecte nette record en 2025. Quel gâchis !
Les français et européens épargnent beaucoup mais mal (@philippeherlin)
— Or.fr (@Or_fr_) January 19, 2023
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