Nous l’avons déjà dit mais nous allons le répéter : IL N’Y A PAS DE REPRISE DE L’ECONOMIE AMERICAINE ! Voilà. La "reprise", on nous l’avait pourtant bien vendu ces derniers mois, les médias faisaient tourner l’information en boucle, plus personne ne devait en douter. Les chiffres trimestriels de la croissance semblaient le confirmer : en effet, sur deux trimestres de suite, les troisième et quatrième trimestres 2013, le PIB des Etats-Unis avait affiché une croissance supérieure à 3%, victoire !

Malheureusement le chiffre du quatrième trimestre n’était qu’une prévision et il a été revu en baisse, plutôt sèchement puisque l’on passe de 3,2% à 2,4%. Cependant, comme on pouvait s’y attendre, cette révision a fait quelques lignes dans les médias et a vite été effacé par le flot de l’actualité. Il est pourtant important de le signaler, être bien informé commence par ne pas se limiter aux gros titres de la presse.

Dans le passé, par deux fois, on a pu noter deux trimestres de suite à plus de 3% (2e et 3e trimestres 2010, 4e trimestre 2011 et 1er trimestre 2012), faisant naître l’espoir d’une reprise, mais à chaque fois la tendance s’est essoufflée. A chaque fois les médias nous ont vendu la sortie de crise !

On nous fait le coup depuis mars 2009, date à laquelle les cours des actions à Wall Street ont commencé à se redresser après la grande glissade déclenchée le 15 septembre 2008 par la faillite de Lehman Brothers. Et pourquoi les cours boursiers ont-ils commencé à remonter en mars 2009 (cela fait exactement 5 ans aujourd’hui) ? Parce que le plus dur de la crise était derrière nous et que les perspectives devenaient plus encourageantes, comme on nous l’expliquait à l’époque ? Pas du tout. C’est pour une raison bien simple : à cette date la Fed a commencé son premier plan de Quantitative easing (QE).

Depuis mars 2009 le QE soutient les bonnes performances de Wall Street. A chaque fois que le QE s’arrête, ou simplement diminue comme en ce moment, la bourse flanche ou devient indécise. Cela démontre qu’il n’existe pas de véritable reprise économique endogène, auto-entretenue (investissements-profits-salaires), mais seulement des bulles sur un certain nombre d’actifs (actions, obligations notamment) et qui créent un effet richesse artificiel chez leurs détenteurs.

Il faut voir les choses de l’autre côté : malgré un QE de 65 milliards de dollars par mois et un déficit budgétaire important (de plus de 4% du PIB), la croissance dépasse péniblement les 2%... Sachant que la population américaine augmente au rythme de 1% par an, cela correspond à une croissance réelle de 1%. A condition que les chiffres soient vrais mais c’est un autre problème (l’inflation est sous-estimée, si on lui rajoute ne serait-ce que 2% on passe en croissance zéro car celle-ci est calculée en soustrayant l’augmentation nominale du PIB de la hausse des prix). Bref, la situation n’est pas encourageante. Pendant ce temps là, ce qui progresse de façon certaine par contre, ce sont les dettes et les risques.