Il y a un mois, le charbon et les métaux industriels étaient à leurs plus hauts historiques. 

La Chine, premier producteur mondial de charbon, avait annoncé une crise de l’énergie : 135 centrales thermiques fonctionnant au charbon ont soudainement découvert qu’elles avaient moins d’une semaine de combustible, la moitié d’entre elles n’ayant même à peine de quoi fonctionner 48h. Étonnant, dans un pays aux plans quinquennaux extrêmement rigoureux, qui, en quelques années, a su se propulser au premier plan des puissances économiques. 

Quoiqu’il en soit, pour répondre à cette pénurie, le gouvernement a décrété rationner les industries les plus consommatrices d’énergie, dont évidemment la sidérurgie, créant une véritable panique sur les prix des métaux industriels jusque sur le marché des métaux de Londres.

La même semaine, l’Inde, deuxième producteur mondial de charbon, annonce une crise de l’énergie identique, amenant aux mêmes décisions gouvernementales de rationner l’énergie à la métallurgie, ce qui a amplifié la panique sur les prix des métaux. 

Cette simultanéité soudaine n'est-elle pas curieuse ? 

Et soudain, après une folle montée, tous les cours des métaux chutent très brutalement le 12 octobre :

 

 

Notez que les métaux ne sont pas revenus à leurs niveaux d’origine. Ils sont toujours à un niveau élevé, voire très élevé pour certains.

Alors que l’industrie automobile risquait de se trouver en chômage technique faute de tôles de magnésium pour habiller les véhicules, le calme revient et les prix s’effondrent le 12 octobre, comme pour les autres métaux. 

Quant au charbon, un mois après, il reste encore à un niveau excessif, alors que rien n’affecte la production.

 

 

Une affaire géopolitique

Beaucoup de tractations avaient lieu dans l’ombre pour préparer le sommet international de la COP26 à Glasgow. Les promoteurs de cette réunion sur les changements climatiques voulaient obtenir des engagements de la Chine et de l’Inde, notamment sur la consommation de charbon. 

Avec une apparente docilité, ces deux pays ont pris immédiatement des mesures extrêmes, en baissant la production énergétique, ce qui a désorganisé toute la production de métaux de ces usines du monde, créant des pénuries instantanées sur les marchés et une très violente hausse des prix. 

Mises devant les conséquences dramatiques de la politique qu’elles avaient pourtant demandée, les autorités occidentales ont dû se lancer dans des négociations en sens inverse, demandant à la Chine de relancer la production de sa sidérurgie, quitte à polluer la planète.

Quelques jours plus tard, ZeroHedge, reprenant un article de Xinhua, signalait que State Grid Corporation of China, qui fournit 88% de l’énergie de l’Empire du Milieu, avait rétabli la situation. 

Les coupures de courant cycliques ont été résorbées et les stocks de charbon des centrales thermiques sont remontés à 20 jours de consommation. Un stock de 99 millions de tonnes de charbon a été retrouvé. Ouf, on a eu chaud ! Mais comment est-il possible d'égarer 99 millions de tonnes de charbon ?

La Chine n’a pas jugé bon de se rendre au G20 en Italie, dont le principal sujet était la préparation de la COP26 et Xi Jinping ne s’est pas joint non plus à la téléconférence de Glasgow. 

Rien de concret n’est sorti de cette COP26, qui voulait mettre fin au charbon. En effet, l’Inde, dont 70% de l’électricité vient de centrales thermiques au charbon, s’est engagée à viser la neutralité carbone en 2070, soit 10 ans après la Chine.  

Si on sait que cette dernière a 37 ans de réserves de charbon en sol, et s’est engagée à arrêter le charbon dans 40 ans, la Chine a fait un pied-de-nez aux empêcheurs de danser en rond du changement climatique. D’ici 50 ans, les scientifiques auront certainement trouvé une énergie de substitution et en attendant, les BRICS privilégient la croissance de leurs économies et laissent les occidentaux faire du bruit avec leur bouche.

Pendant ce temps, quelques technocrates allemands ont trouvé de nouvelles tracasseries administratives qui vont pouvoir retarder l’afflux de gaz russe par le gazoduc Nord-Stream-2 pendant au moins 6 mois (voir l’article). Comme quoi, avec un peu de volonté, il est facile de générer une crise énergétique, qui elle-même sera source d’inflation. 

L’inflation est une menace terrible pour les peuples, mais aussi une manière de diminuer les dettes qui asphyxient les États et l’ensemble du système économique.  

 

 

The Economist de 1988 n’avait-il pas anticipé que la future monnaie mondiale, le Phénix, renaîtrait des cendres des monnaies nationales aux alentours de 2018 ? 

Le prix de l’énergie et des matières premières ne peut que flamber, reflétant la dépréciation du pouvoir d’achat des monnaies suite à la folle création monétaire des différentes banques centrales au cours des dernières années.

Notez que la Réserve fédérale ne publie plus le nombre de dollars en circulation dans le monde (M3) depuis 2006 et a arrêté de publier M1 et M2 le 1er février 2021. Nul ne peut donc connaître la quantité réelle de monnaie injectée chaque mois dans le système. Étant donné ce que montrent les graphiques pour 2020, avant l’arrêt de la publication des données, il y a de quoi s’inquiéter sur le pouvoir d’achat de ces milliards de dollars fraîchement émis.

 

 

Dans cet article de ZeroHedge, Jim Reid dit qu’avec les taux réels aux niveaux actuels, l’inflation annuelle devrait être à 20%.

Si l’inflation reste à ce rythme pendant 5 ans, il ne restera rien du pouvoir d’achat de la monnaie.

Si vous n’avez pas placé votre épargne en or et en argent, vous risquez de rapidement vous retrouver dans une situation précaire.