La Deutsche Bank déclare que le camp du OUI pour le référendum sur l'or de la Suisse possède une « légère avance, mais qui est claire », pendant que le GOFO d’un mois est au plus négatif depuis 2001.

Comme nous l’avons expliqué en fin de semaine, si le référendum sur l'or de la Suisse venait à passer, le prix de l’or bondirait. JP Morgan a averti que « les marchés n’apprécient pas cet événement à sa juste valeur », en expliquant que « si le référendum passe, la Banque nationale suisse (SNB) sera forcée d’augmenter ses réserves d’or d’environ 1,500 tonnes sur cinq ans, ou 300 tonnes par an. 300 tonnes par an représente 7,5% de la demande annuelle d’or, soit 4,000 tonnes. »

Et bien, tandis que la SNB fait tout pour que le référendum apparaisse comme un non-événement ayant peu de chance de passer, la Deutsche Bank vient tout juste de publier un commentaire qui réfute, en gros, tout ce que la Banque nationale suisse essaie de colporter. Pour preuve, voici une note qui vient tout juste de sortir de Robin Winkler, de la Deutsche Bank :

- Le 30 novembre, les Suisses voteront dans un référendum pour décider si le mandat constitutionnel de la SNB devrait être changé pour exiger de la banque centrale que : 1) elle ne vende jamais d’or de ses réserves une fois acquises; 2) elle entrepose tout son or en territoire suisse; et 3) elle détienne au moins 20% de ses réserves officielles en or physique.​

- La probabilité d’un vote OUI est considérable. La proposition ne requiert qu’une simple majorité à l'échelle du pays pour passer, avec une majorité dans au moins 50% des cantons suisses. Les récents sondages indiquent que la campagne du OUI possède une légère avance, mais qui est claire, et il y a des raisons de croire que certains facteurs seront favorables à l'amendement. Si le OUI devait l’emporter, il y a très peu de marge de manœuvre politique pour retarder ou atténuer sa mise en oeuvre.

- Nous pensons que les inquiétudes concernant l’exécution technique de la règle des 20% sont non fondées. La SNB devrait être en mesure de satisfaire ces exigences en or avec une relative facilité. Nous ne partageons pas non plus la vision selon laquelle cela aurait impact à long terme sur le prix de l’or. Cependant, si la SNB devait intervenir, son rééquilibrage en or pourrait avoir un impact marqué sur les tendances à court terme. Et la SNB devrait être en mesure de facilement rapatrier son or détenu à l’étranger.

La possibilité que la SNB contourne les exigences en créant un fond souverain est faible. Quoique techniquement attrayante, cette option n’est pas tenable politiquement. Cependant, la SNB pourrait utiliser des gold swaps pour atténuer quelques-unes des conséquences négatives du vote sur l’or, en particulier ce qui concerne le risque de rendement sur actif et le message envoyé au marché.

Cet amendement pourrait créer des risques significatifs pour le bilan de la SNB. En plus de concentrer les risques du marché, la SNB se retrouverait effectivement avec une position short sur l’or, mais sans avoir reçu de prime. Les risques du bilan pourraient être mitigés en marquant l’or au prix d’achat plutôt qu’aux prix du marché.

 

Et encore :

"Pour passer, la proposition ne requiert qu’une majorité simple de 50% (Volksmehr), avec la condition formelle qu’il y ait une majorité dans au moins 50% des 26 cantons de Suisse (Ständemehr). Il n’y a pas de nombre de votes minimum requis. La Ständemehr constitue l’obstacle le plus facile, vu que le vote est biaisé en faveur des cantons plus petits, conservateurs, qui devraient voter OUI. En l’absence de sondages officiels, la probabilité de succès de la proposition ne peut être mesurée que par les sondages menés par les journaux et autres médias. Les sondages les plus fiables sont ceux de la plateforme radio et télé de la SRG. Selon leur dernier sondage (un autre devrait sortir la semaine prochaine), 44% des interrogés ont l’intention de voter en faveur de l’amendement, et 39% contre.

Les sondages pré-référendaires en Suisse voient souvent la part de votes NON grimper à mesure que la date du vote approche, au moment où l’establishment politique et d’affaires lance des campagnes contre les propositions radicales. Cependant, il est important de noter que les Suisses doivent voter sur trois référendums séparés, le 30 novembre. Le débat politique s’est tourné vers l’initiative « EcoPop », visant à réduire l’immigration en Suisse via un système de quota. Certains observateurs craignent que l’attention politique sur le débat sur l’immigration mène les électeurs à moins se soucier de la proposition sur l’or. Certains croient aussi que des électeurs conservateurs modérés, mal à l'aise avec l’initiative anti immigration, pourraient voter en faveur de la proposition sur l’or, en guise de compensation.

La SNB ne devrait pas avoir de difficultés techniques à rapatrier son or d’ici deux ans. La Suisse stocke environ 300 tonnes d’or à l’étranger, presque exclusivement au Royaume-Uni et au Canada. Si l’on se fie à l’histoire, cet or pourrait être expédié vers la Suisse en une courte période de temps. Il serait plus facile de se réapproprier l’or détenu à l’étranger en insistant sur la livraison physique à échéance, ou de vendre cet or pour financer des contrats livrables au cours des 5 prochaines années. Les contreparties pourraient se procurer l’or à livrer en Suisse même, là où il serait le moins coûteux, grâce aux grandes quantités détenues de manière privée."

 

Après l’échec lamentable de l’Allemagne pour rapatrier son or (quand la Bundesbank a reçu une petite tape sur l’épaule « suggérent fortement » que la Fed de New York et BNP avaient de sérieux problèmes d'approvisionnement pour de l'or qui était soit-disant « déjà là »), il semble qu’au moins un pays pourra avoir accès à son or et, à en juger par les alertes grandissantes sur l’éclatement d'une bulle par la Banque des règlements internationaux (BRI), il était temps.

En ce qui concerne la facilité avec laquelle la SNB pourrait « être en mesure de rapatrier son or qui est à l’étranger », nous apprécions l’optimisme… mais ne faites pas remarquer à l’analyste de la Deutsche Bank que le GOFO de six mois vient encore de tourner négatif et que même le GOFO d’un mois vient d’atteindre son plus négatif depuis… 2001 !

 

 

Source originale: Zerohedge

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