Berkshire Hathaway de Warren Buffett a considérablement réduit ses participations dans certaines des plus grandes institutions financières et parie sur Barrick Gold, en dépit d'années passées à dénigrer l'or.

Selon les documents publiés par Berkshire auprès de la SEC, la société a abaissé de manière significative ses participations dans JPMorgan Chase & Co (de 1,9 % à 0,7%), et Wells Fargo & Co (de 7,9 % à 5,8 %) au cours du deuxième trimestre.

Le conglomérat dirigé par Warren Buffett a également fermé la totalité de sa position dans Goldman Sachs Group, un vestige de la crise financière, et a vendu une minorité substantielle de sa participation de longue date PNC Financial. Mais Berkshire ne renonce pas pour autant aux banques et a passé les dernières semaines à renforcer sa participation dans Bank of America.

Les fluctuations boursières du deuxième trimestre sont conformes aux prévisions "extrêmement prudentes" de Warren Buffett, exprimées lors de l'assemblée générale de cette année. David Kass, professeur de finance à la Robert H. Smith School of Business de l'université du Maryland, a déclaré dans une interview : "Il fait preuve d'une extrême prudence en réduisant ses principaux investissements bancaires, à l'exception de ceux chez Bank of America."

Warren Buffett a qualifié les banques de bon investissement tant qu'elles ne commettaient pas d'erreurs majeures. Il a soutenu Wells Fargo, qui a longtemps été sa favorite, alors qu'elle se débat depuis des mois dans des scandales.

Berkshire Hathaway a aussi réduit ses participations dans M&T Bank, Bank of New York Mellon, US Bancorp, Mastercard et Visa.

Berkshire a pris une nouvelle position dans Barrick Gold, en achetant 20,9 millions d'actions, soit 1,2% des actions en circulation de la société, dont la valeur actuelle s'élève à 565 millions de dollars américains.

Alors que les documents révèlent les participations supervisées par Warren Buffett et ses associés Todd Combs et Ted Weschler, cette initiative marque un tournant pour une société dirigée par un investisseur qui a longtemps exprimé son mépris envers l'or.

Warren Buffett, président et directeur général de Berkshire, avait jusqu'à présent blâmé les investisseurs qui choisissaient de miser sur l'or plutôt que sur les actions par crainte des déficits budgétaires galopants.

"Le métal magique n'est pas à la hauteur du courage américain", a écrit Warren Buffett dans sa lettre annuelle aux actionnaires publiée en 2019.

Selon Kass, l'investissement dans Barrick est la "principale surprise" du rapport de vendredi.

"On pourrait penser que Combs et Weschler partagent la philosophie sceptique de Warren Buffett sur l'investissement dans l'or, qu'il a exprimée lors de plusieurs assemblées annuelles ainsi que dans ses lettres aux actionnaires", a t-il déclaré. "Néanmoins, cela apparaît soudainement dans leur portefeuille, un peu comme une assurance contre d'éventuelles crises".