Les banques centrales se ruent sur l'or en 2019, sur fond de ralentissement de la croissance économique, de dédollarisation des réserves de change, et d'intensification des tensions commerciales et géopolitiques.

La Banque populaire de Chine (PBoC) a déclaré lundi avoir augmenté ses réserves d'or pour un septième mois consécutif en juin, en ajoutant 10,3 tonnes, après l'afflux de près de 74 tonnes au cours des six mois précédents. La semaine dernière, la Pologne a révelé qu'elle avait plus que doublé ses réserves au cours des 12 derniers mois, devenant ainsi le plus gros détenteur d'or d'Europe de l'Est.

 

 

Le cours de l'or a atteint son plus haut niveau en six ans en 2019, les investisseurs misant sur une éventuelle baisse de taux par la Réserve fédérale américaine, bien que les chiffres robustes de l'emploi publiés vendredi aient légèrement obscurci cette perspective. Les achats d'or des banques centrales dopent la demande globale, les autorités russes achetant de manière substantielle et régulière la valeur refuge traditionnelle.

"Outre son objectif de diversification hors du dollar, le fait d'agrandir ses réserves d'or est également un facteur stratégique important dans l'ascension de la Chine au rang de superpuissance", ajoute Howie Lee, économiste à Oversea-Chinese Banking Corp. Les achats d'or devraient se poursuivre au cours des prochains mois.

L'an dernier, les banques centrales ont acheté 651,5 tonnes d'or, soit 74% de plus que l'année précédente, a indiqué le World Gold Council en janvier. Les achats du secteur public pourraient atteindre 700 tonnes cette année, à condition que la tendance chinoise se poursuive et que la Russie égale au moins les volumes de 2018, soit environ 275 tonnes, a déclaré Citigroup Inc. en avril. Les achats des banques centrales au cours des cinq premiers mois de 2019 ont augmenté de 73% par rapport à l'année précédente, la Turquie et le Kazakhstan rejoignant la Chine et la Russie parmi les quatre plus gros acheteurs, selon les données publiées par le WGC.