UBS admet les allégations de mauvaise conduite pour son activité de négoce de métaux précieux, tandis qu’un accord est envisagé entre les autorités du Royaume-Uni et des États-Unis et sept banques accusées de manipuler le marché des changes.

UBS fait partie d’un groupe de banques incluant Barclays, Citigroup, HSBC, JP Morgan et Royal Bank of Scotland, qui annonceront mercredi qu’elles ont trouvé un accord avec la Financial Conduct Authority du Royaume-Uni dans l'affaire des manipulations présumées du marché des changes (FOREX).

Certains régulateurs américains font aussi partie des négociations, comme l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), et la FINMA en Suisse. Bank of America-Merrill Lynch devrait aussi trouver un accord, mais uniquement avec les autorités américaines.

Selon deux personnes proches du dossier, UBS est sur le point de s’entendre avec un des régulateurs, pour mettre fin aux allégations de mauvaise conduite des traders de sa division métaux précieux. Ils soulignent, cependant, que l’accord sur les métaux précieux pourrait n’avoir lieu qu’après celui sur le FOREX.

Des autorités financières du monde entier accusent des traders de plusieurs banques, en collusion, d’avoir partagé des informations au sujet des ordres des clients afin de manipuler les prix du marché des changes, un marché totalisant plus de $5,300 milliard d’échanges par jour.

UBS avait précédemment déclaré qu’elle avait lancé une enquête interne sur sa division métaux précieux, en plus d’une enquête sur le FOREX. La banque a décliné tout commentaire.

Contrairement aux autres banques, chez UBS le business des métaux précieux et des marchés de change sont étroitement intégrés. Ces divisions sont gérées par les mêmes gens, et ses traders de métaux précieux – qui échangent principalement de l’or et de l’argent – travaillent au même endroit que ses traders du marché des changes.

Une personne proche de l’enquête interne d’UBS nous a dit que la banque a découvert un petit nombre d’incidents potentiellement problématiques dans sa division métaux précieux.

André Flotron, à la tête de la division or chez UBS à Zurich, est en arrêt de travail depuis janvier, pour des raisons non spécifiées par la banque.

M. Flotron n’est pas accusé de mauvaise conduite, et il n’a jamais répondu aux demandes de commentaires. Sur LindedIn, son statut professionnel indique ‘En arrêt de travail, hâte de recommencer en temps et lieu’.

Le marché des métaux précieux, cette année, est le dernier marché à être assujetti à une surveillance stricte de la part des régulateurs et à des soupçons de manipulation. La FCA a condamné Barclays à des amendes de 26 millions de livres, au mois de mai, alors qu’un trader a été jugé coupable d’avoir manipulé le fixing de Londres.

BaFin, l’autorité financière allemande, a lancé une enquête formelle sur le marché de l’or, et elle s’intéresse à Deutsche Bank, un des anciens membres du groupe de banques responsables du fix de Londres, qui sera bientôt remplacé par un processus électronique de « fixing ».

Les hauts dirigeants d’UBS font ce qu’ils peuvent pour accélérer ces enquêtes internes sur les marchés des changes et les métaux précieux. Ils essaient de prendre le pas sur leurs rivaux en trouvant des accords d’immunité et tirer un trait le plus rapidement possible sur ce scandale.

Dans l’enquête internationale sur la manipulation du Forex inculpant au moins 15 banques, UBS détient le plus grand nombre de traders suspendus – au moins sept – répartis entre Londres, New York, Singapour et Zurich.

Apparemment, la banque aurait licencié plusieurs traders du FOREX, lors des derniers mois, dont certains avaient déjà été suspendus plus tôt.

UBS est aussi en pourparlers séparés, au sujet d’un accord concernant le FOREX, avec la division criminelle du département américain de la justice. La banque pourrait obtenir la clémence des autorités anti-trust en échange de divulgations rapides et d’une coopération de sa part.