Le prix de l'or est-il manipulé ? Après les changes, le taux interbancaire et le pétrole, c'est au tour du marché de l'or et de l'argent d'être dans le collimateur des autorités de régulation européennes. 

Le Bafin, l'autorité allemande des marchés financiers, a déclaré enquêter depuis plusieurs mois sur la façon dont sont fixés les prix de l'or et de l'argent à Londres, afin de détecter d'éventuelles manipulations. "Le Bafin étudie, outre le Libor et l'Euribor, d'autres processus de fixation des prix comme ceux de l'or et de l'argent par quelques banques. Cette enquête dure depuis quelques mois et se poursuit", a expliqué le gendarme allemand de la Bourse, qui n'a pas souhaité révéler le nom des banques concernées par cette investigation.

Le régulateur britannique, la Financial Conduct Authority (FCA), a également annoncé l'ouverture d'une investigation sur le processus de fixation du prix de l'or. 

Des discussions similaires auraient eu lieu au printemps aux Etats-Unis, où la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) se penche depuis des mois sur le rôle des banques dans les marchés des matières premières physiques et la transparence des prix.

L'ouverture de ces deux enquêtes au Royaume-Uni et en Allemagne, à propos de la fixation des cours des deux métaux précieux, souligne la volonté de mettre au pas les compagnies privées, qui sont chargées de déterminer les indices de référence, et d'assurer une meilleure transparence des prix.

L'or se négocie de gré à gré, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Un prix de référence est déterminé deux fois par jour, à 10h30 puis à 15h, lors d'une téléconférence entre cinq banques, à savoir Bank of Nova Scotia, Barclays, HSBC, Deutsche Bank et la Société Générale.

Le prix de l'argent est déterminé chaque jour lors d'une seule session, qui se tient à midi, par trois établissements de la City, Bank of Nova Scotia, Deutsche Bank et HSBC.

Un porte-parole de la London Bullion Market Association réfute les accusations d'opacité : « Le fixing n'a rien d'arbitraire, au contraire, la transparence est totale, assure-t-il. Il ne s'agit pas d'un prix basé sur une estimation, mais sur l'état réel de l'offre et de la demande. »

Selon Bloomberg, les institutions financières abuseraient de leur position et utiliseraient les informations des conversations qui ont lieu entre les cinq banques pour parier sur l'or. Immédiatement après que le fixing a commencé, les négociations de produits dérivés sur l'or augmentent très fortement, selon le résultat de recherches publiées en septembre.