Comme vous savez, j’ai travaillé avec le comité à l'origine de l'initiative 'Sauvez l'or de la Suisse (Initiative sur l'or)'. La campagne pour le ‘Oui’ a pour objectif le rapatriement tout l’or détenu à l’étranger. Ils veulent que cet or, qui est actuellement entreposé au Royaume-Uni et au Canada, revienne en Suisse. Cela représente 30% de l’or de la Suisse; nous parlons ici de plus de 300 tonnes. Le deuxième point du référendum demande que la Banque nationale suisse, la SNB, détienne au moins 20% de ses avoirs en or physique. Cela créerait instantanément un adossement partiel du franc suisse sur l’or. Le troisième point de l'initiative est d’empêcher toute vente future d’or suisse.

Il s’agit d’une initiative privée de citoyens suisses déjà signée par plus de 100,000 d’entre eux. Alors, si le ‘Oui’ l'emporte au référendum, ces trois points feront partie de la Constitution suisse. C'est très important, car cela signifie que le gouvernement ne pourra rien y changer sans un autre vote des citoyens.

Le premier sondage d’opinion vient tout juste de paraître dans les journaux suisses : Le ‘Oui’ a obtenu 45% des voix, le ‘Non’ 39%, avec 16% d’indécis. C’est très étonnant, puisque la campagne du ‘Oui’ n’a même pas encore débuté !

 

 

La campagne pour le ‘Oui’ débute ce jeudi 23 octobre avec une conférence de presse. C’est à ce moment qu’ils feront valoir leurs arguments et fourniront les raisons détaillées de l’initiative. Le gouvernement suisse est opposé à cette initiative, comme tous les gouvernements, parce que cela leur enlèverait la possibilité de manipuler les marchés de l’or et des devises.

Souvenez-vous que la Suisse a déjà vendu la moitié de son or lorsque le marché était au plus bas, entre 2000 et 2005. Cela a déjà coûté plus de 29 milliards CHF au gouvernement suisse.

Mais le gouvernement continue de dire que l’or n’est pas bon pour le pays. La ministre suisse des finances le voit comme un « actif risqué » et, donc, plaide pour que la Suisse n’en détienne pas. Bien sûr, elle a complètement tort, car c’est le franc suisse qui est risqué, et non l’or. Le franc suisse a déjà perdu 50% de sa valeur vis-à-vis l’or, lors des 15 dernères années, et il en a perdu plus de 90% depuis 1914.

Et cela continuera ainsi parce que les gouvernements impriment toujours des quantités illimitées de monnaie. La Suisse en a imprimé plus que tout autre pays au monde, sur une base relative, depuis 2008. La Suisse a imprimé plus de 400 milliards CHF afin d’acheter des actifs risqués libellés en euros et en autres devise étrangères, pour garder le franc suisse bas.

La Suisse a toujours été prospère grâce à sa forte devise, une inflation faible et une économie forte. Bien sûr, les Suisses ont rattaché le franc suisse à l’euro et à la zone économique très faible qu’est l’Europe. C'est la recette du désastre. Aligner les Suisses sur une expérience politique qui ne fonctionne pas, comme l’Union européenne, ne peut qu'engendrer des résultats catastrophiques.

La SNB a dit aussi qu’elle détenait de l’or à l’étranger pour permettre au pays d’en vendre facilement. C’est un non-sens. Nous savons tous que la Banque centrale suisse peut très bien vendre de l’or à partir d’un entrepôt en Suisse et l’expédier là où l’acheteur se trouve. Mais pourquoi parlent-ils même d’en vendre ? Ils en ont déjà vendu plus de la moitié lors des bas du marché.

L’or n’est pas le jouet de la SNB. Cet or appartient à la nation suisse, et une partie appartient aux cantons suisses. Alors l’or n’appartient pas à la SNB, mais bien au peuple.

Aujourd’hui est un jour très positif parce qu’il semble que les Suisses, comme toujours, sont pour une monnaie saine, des principes sains, et ils sont contre l’interférence des gouvernements. Donc, en dépit de la propagande du gouvernement suisse et de la SNB, les résultats du premier sondage sont très positifs. Ce sondage a contrarié l’establishment. La campagne du ‘Oui’ ne commence officiellement que ce jeudi et elle est clairement en tête, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus. D’une façon ou d’une autre, l’Histoire s’écrira le 30 novembre.