Des vendeurs d’or papier (probablement des banques comme HSBC ou JP Morgan), ont décidé (conjointement ?) de frapper fort les 12 et 15 avril 2013, ainsi que les 20 et 26 juin, avec des blocs de vente si gros que l’effet sur le prix ne pouvait que conduire à un effondrement brutal. Sur ces 4 jours de frappes massives, le prix de l’or a chuté de $340 ! A noter qu’aucune nouvelle particulière ne pouvait expliquer des ventes pareilles. C’était comme si on avait annoncé la découverte d’un filon d’or pur de 30’000t en Afrique du Sud ! Le mobile des vendeurs semblait être de produire le maximum d’effroi et de terreur sur le marché de l’or. Et ceci tandis que les planches à billets de la Fed tournaient à plein régime, imprimant l’équivalent annuel de 20’000t d’or en nouveaux dollars électroniques !

Chaque fois que le prix se situait à des seuils clés de récupération, des vendeurs apparaissaient, très souvent en dehors du marché principal COMEX pour frapper systématiquement toute reprise, avec à la clé de nombreux fonctionnements de coupe-circuits, parce que leurs blocs de vente, trop gros, produisaient un assèchement total du marché ! Tous ces mouvements suspects sur le marché de l’or papier, très rarement observés les années précédentes, ont fait dire à beaucoup d’observateurs que le prix de l’or avait subi une manipulation.

Alors, a-t-on eu intervention de la Fed sur le marché de l’or (via un cartel de banques spécialisées), ou l’effondrement du cours de l’or est-il un effet collatéral d’un marché enivré de QE et en phase de bulle ?

Dans un monde où une banque centrale se permet de contrôler de plus en plus de variables avec des « mesures exceptionnelles de soutien à l’économie », pourquoi ne pas accepter le fait que le marché de l’or est une variable à contrôler parmi d’autres ? Techniquement, la manipulation du prix via le COMEX et les autres marchés papier de l’or est facilement réalisable par un cartel de banques déterminées. Ils peuvent le faire jusqu’à ce que le marché de l’or physique souffre de pénuries à cause d’un prix fixé trop bas. Mais avant, ils pourront récupérer de l’or physique des poches des investisseurs paniqués et bluffés par les explications des banques et de leurs médias.

Le principal mobile pour une intervention de la Fed sur le marché de l’or serait de racheter de l’or physique manquant dans ses coffres, que cet or soit de l’or en dépôt chez elle ou qu’il soit son propre or. Pour ce faire, des frappes massives sur le marché de l’or papier sont nécessaires pour conduire à la déstabilisation des détenteurs d’or physique dans les ETFs, puis à des capitulations. Vous secouez l’arbre pour que les prunes tombent. 800t d’or sont tombées des ETFs en 2013, mais la récolte du fruit a été détournée par le dragon chinois, via la Suisse et ensuite Hong Kong, comme les statistiques le montrent, et cela pourrait avoir contrarié les banquiers américains.

Car à moins d’employer des moyens de plus en plus énergiques, l’or restant dans les ETFs et celui stocké en dehors du système bancaire sera de plus en plus difficile à faire sortir. Le prix de l’or, revenu à ses coûts de production, annonce une prime de risque nulle sur les marchés financiers, et cela ne cadre pas très bien avec la situation réelle du monde économique et financier de 2014… Pourquoi vendre une assurance incendie dans ces conditions ?

L’autre explication à ce marché baissier intermédiaire sur l’or, et qui évite la thèse dérangeante de la conspiration, est liée à la psychologie des marchés, donc à l’irrationalité qui peut périodiquement dominer le comportement des investisseurs.

Inutile de rappeler que c’est justement l’irrationalité de la Bourse qui crée l’opportunité d’achat ou de vente. Le vent actuel pousse les gérants à courir après le rendement, à cause des taux d’intérêts fixés trop bas, et ils courent après ce qui grimpe, même si ce qui grimpe n’a pas vraiment de raisons de grimper. Cela crée un mouvement de foule vers le sommet.

Plus la Fed intervient sur les marchés, et plus elle induit des bulles sur toutes sortes d’actifs : actions, obligations, immobilier et matières premières. La voie que prend le nouvel argent de la Fed est souvent imprévisible. Lorsqu’il prend le chemin des actions et de l’immobilier, comme c’est le cas depuis 2009, l’effet de richesse dynamise l’économie (sans la guérir) et surtout les marchés financiers, qui s’emballent dangereusement, sous l’effet conjugué de l’avidité et de l’euphorie. Cela crée des boucles psychologiques qui s’auto-alimentent… jusqu’à l’implosion de la bulle. Et nous avons des outils pour le mesurer.

Les traders jouent de plus en plus sur marge, avec des leviers, les valorisations P/E des actions deviennent trop chères, les marges de profits diminuent, la majorité des acteurs passent haussiers, le sentiment des conseillers est largement haussier, les dirigeants des entreprises (l’argent intelligent) quittent le navire en vendant leurs propres actions, l’indice de la peur est au plus bas (VIX), etc.

Tous ces signaux d’entrée en phase de bulle (10 indicateurs) ont été compilés en un seul indicateur, appelé greedometer, ou avidomètre, et son historique montre que tous les précédents sommets sur les marchés actions ont été correctement prédits. Les interférences de la Fed avec ses mesures de soutien extraordinaires depuis 2009 ont empêché à plusieurs reprises le marché de corriger, mais plus la Fed repousse l’échéance de la prochaine récession et plus dure sera la chute. L’avidomètre a atteint un sommet historique et parle pour un krach également historique à l’horizon 2014-2015.

 

 

C’est dans ce contexte de sentiment poussé à un extrême haussier sur les actions que l’or aurait initié un marché baissier intermédiaire. C’est aussi le même sentiment hyper haussier sur les actions qui produisait une fuite hors de l’or et des mines d’or en 1999. Mais tout cela est sur le point de se renverser.

 

>> LIRE LA PARTIE 4: QU'EST CE QUI FAIT GRIMPER LE COURS DE L'OR ?