Selon le World Gold Council, les banques centrales de Russie et de Chine ont fortement contribué à l'augmentation de 7% de la demande mondiale d'or au premier trimestre, poursuivant ainsi leurs efforts pour réduire leur exposition au dollar américain.

Les banques centrales ont acheté 145,5 tonnes d'or, soit environ 6 milliards $, ce qui représente une augmentation de 68% par rapport à l'année dernière. Un montant record pour un premier trimestre depuis 2013.

La Russie a été le plus gros acheteur au cours de cette période, avec 55,3 tonnes. Ses réserves s'élèvent désormais à 2 168,3 tonnes. La Chine a ajouté 33 tonnes, tandis que l'Équateur a acheté de l'or pour la première fois depuis 2014.

"Les banques centrales des pays émergents ont fait de nombreux achats dans le but de diversifier leur exposition au dollar américain.indique Alistair Hewitt, directeur du WGC. Les tensions croissantes avec Washington et la perspective de nouvelles sanctions ont encouragé la Russie à accélerer son programme de dé-dollarisation.

L'an dernier, les banques centrales n'ont jamais acheté autant d'or depuis la fin de l'étalon-or en 1971, la Russie et le Kazakhstan en tête.

Néanmoins, les données du WGC montrent que les achats ont commencé à ralentir par rapport à l'année dernière. Au troisième trimestre 2018, les banques centrales ont acheté 253 tonnes d'or au total, et 165,6 tonnes au quatrième trimestre. La demande mondiale d'or a notamment diminué de 17% par rapport au quatrième trimestre 2018.

La demande totale d'or a atteint 1 053 tonnes au premier trimestre 2019, soit une hausse de 7% par rapport à l'année précédente, les bijoux représentant la plus grande part de la demande, avec 530,3 tonnes.

Les entrées de capitaux dans les fonds négociés en bourse adossés à l’or ont augmenté de 49% par rapport à l’année précédente pour atteindre 40,3 tonnes.

Les fonds négociés en bourse européens adossés à l'or ont atteint un niveau record de 48 milliards $ au premier trimestre, représentant maintenant 45 % du marché mondial des FNB aurifères.

Le World Gold Council pense que la demande mondiale va rester solide à court terme. Surtout du côté des banques centrales. "Compte tenu de la nature stratégique de leurs achats, nous prévoyons que la dynamique se poursuivra", a déclaré Alistair Hewitt.