Le roi des hedge funds Ray Dalio pense qu'il est désormais primordial de détenir de l'or étant donné que les banques centrales deviennent de plus en plus agressives dans leurs politiques de dévaluation des devises et sont sur le point de provoquer un "changement de paradigme" en matière d'investissement.

Ray Dalio, fondateur du plus grand fonds spéculatif au monde, a écrit sur LinkedIn que les investisseurs ont été poussés vers les actions et d'autres actifs offrant des rendements similaires. Par conséquent, un trop grand nombre de personnes détiennent ce type de titres et risquent d'être confrontées à des rendements décroissants.

"Je pense que ce ne sont probablement pas de bons investissements en termes de rendements réels futurs et que les meilleurs actifs seront ceux qui performent bien lorsque la valeur de la monnaie se déprécie et que les conflits nationaux et internationaux sont significatifs, comme c'est le cas de l'or", a déclaré le dirigeant de Bridgewater Associates.

"De plus, pour des raisons que j'expliquerai dans un avenir proche, la plupart des investisseurs sont sous-pondérés sur cette classe d'actif, ce qui signifie que s’ils voulaient simplement disposer d’un portefeuille mieux équilibré afin de réduire les risques, ils devront détenir davantage d'actifs de ce type. C’est pourquoi j'estime qu’il serait à la fois moins risqué et plus rentable d’ajouter de l’or à son portefeuille. J'expliquerai bientôt les raisons pour lesquelles je crois que l'or est un diversificateur de portefeuille efficace."

Le prix de l'or a bondi de 0,7% dans la foulée de l'article de Dalio, pour atteindre 1 421 $ l'once.

Dans deux semaines, la Réserve fédérale devrait réduire son taux d'intérêt de référence d'au moins un quart de point. Cette décision intervient après un cycle de trois ans d'augmentation des taux par rapport aux niveaux historiquement accommodants, presque nuls, appliqués pendant la crise financière.

Ces nouvelles tendances font partie de ce qu'il désigne comme un nouveau "changement de paradigme", après le dernier qui a eu lieu durant la crise. Selon M. Dalio, les investisseurs vont devoir changer leur vision sur ce qui fonctionnera après le plus long marché haussier de l’histoire de Wall Street.

"Lors des changements de paradigme, la plupart des gens se font avoir en restant investi sur quelque chose de trop populaire et perdent gros", écrit-il. "D'autre part, si vous êtes assez malin pour comprendre ces changements, vous pouvez bien les gérer ou au moins vous protéger contre eux."

Depuis la crise, la Fed et bon nombre de ses homologues mondiaux maintiennent des taux d'intérêt bas et ont recours à des mesures telles que l’assouplissement quantitatif ou l’achat d’obligations et d’autres actifs financiers pour stimuler la prise de risque, ce qui a profité aux détenteurs d'actifs financiers.

Pendant ce temps, la dette des entreprises et la dette publique ont grimpé en flèche, obligeant les banques centrales à maintenir des taux d'intérêt bas. La Fed s'est lancée dans une tentative de normalisation de sa politique monétaire, mais on s'attend désormais à ce qu'elle recommence à assouplir en réduisant les taux et en mettant fin à la réduction de son bilan.

"Il me semble évident que les banques centrales doivent aider les débiteurs par rapport aux créanciers. En même temps, il me semble que les forces à l'origine de ce paradigme (c'est-à-dire les baisses de taux d'intérêt et l'assouplissement quantitatif) auront des effets à la baisse", a écrit Dalio.

"Pour ces raisons, je crois que la monétisation de la dette et la dépréciation monétaire finiront par s'accélérer, ce qui réduira la valeur de la monnaie et les rendements réels pour les créanciers. Nous verrons jusqu'où les créanciers laisseront les banques centrales aller dans les rendements réels négatifs avant de passer à d'autres actifs."

Dalio a ajouté qu'il n'est pas certain de où et quand le changement aura lieu, mais il pense que "cela approche et aura un impact important sur les contours du prochain paradigme".