En mars 2000, le début de l’effondrement de la bulle sur les actions TMT (Technologie-Media-Telecoms) marquait l’entrée dans la grande vague corrective hivernale de Kondratiev, après des années de spéculation boursière effrénée et des valorisations historiques qui n’ont jamais plus été atteintes depuis.

 

Source: http://longwavegroup.com/principle/longwave_principle/longwave_principle.php

 

Depuis, la Fed a combattu par tous les moyens possibles l’installation de la vague corrective, car l’ampleur de la dette est telle que laisser se produire une déflation conduirait à une catastrophe sans précédent. Nous avons en effet passé depuis longtemps le point de non-retour, et la seule solution pour la Fed est de dévaluer massivement le dollar, quitte à créer une nouvelle devise pour cela.

 

 

Ces trois périodes pivots 2000/2001, 2007/2008 et 2014/2015 sont séparées de 7 ans chacune, comme le montre le graphique de Ian Gordon ci-dessous :

 

 

A chaque pic 2000 et 2007, l’argent facile de la Fed nourrit la spéculation (actions ou immobilier) et chaque fois cela a correspondu à l’entrée dans une nouvelle crise. En 2014 la spéculation est de retour et bien visible sur le marché action mais aussi sur des marchés plus petits comme la monnaie spéculative bitcoin (pic de la bulle très probablement atteint en décembre 2013) ou le marché de l’art.

 

 

 

777

Lorsque le Dow Jones s’est effondré le 29 septembre 2008, il affichait « -777,7 », la plus forte baisse journalière en points de l’histoire, et faisait référence au score miraculeux d’un « bandit manchot » de Las Vegas ! Le signe mathématique « - » placé devant les 777,7 disait bien que les banquiers de Wall Street Casino n’avaient pas touché le méga jackpot de l’histoire, mais venaient d’aligner des chiffres fatidiques pour leur destin.

Un journaliste français, Pierre Jovanovic, a écrit un livre intitulé « 777 » sur la chute de Wall Street, inspiré par cet événement. Mais les coïncidences ne s’arrêtent pas là en ce qui me concerne. Sans m’en rendre compte, car n’ayant absolument aucune affinité avec la numérologie, j’ai écrit la préface de la première édition de mon livre sur la crise financière 2008-2015, le 7 septembre 2007. En français, le mot « septembre » contient l’écriture du chiffre 7 « sept ». De nouveau, les 777 apparaissaient comme un signal subconscient et mon livre allait se référer à la seconde période de crise de 7 ans.

Le chiffre 7 est très particulier et souvent cité dans les religions, en particulier dans le livre de Josué qui raconte la prise de la ville de Jéricho, une des villes les plus riches du monde. Pierre Jovanovic remarque que la muraille de la ville de Jéricho est tombée lorsque les 7 prêtres sonnant leurs 7 trompettes ont fait 7 fois le tour de la ville au 7ème jour, et que Wall Street (Rue du Mur en français), marquée du 777,7 pourrait subir le même sort avec un peuple révolté qui n’a plus rien à perdre. Tout cela doit être pris sous son aspect symbolique. Wall Street est aujourd’hui la place financière la plus forte du monde et d’une certaine manière dirige le monde. Wall Street est le Jéricho des temps modernes et le -777,7 est de très mauvais augure.

 

 

« Occupy Wall Street » est un premier jet de pierre et apparaît comme un siège autour des murailles de la place financière.

 

 

Le prochain mouvement de révolte ne sera sans doute pas aussi pacifique. On voit aussi apparaître cette année des mouvements en Allemagne pour fermer la Fed, vue comme le « cancer de base qui infecte la planète entière ». Ces mouvements contre Wall Street et la Fed ont de fortes chances de prendre de l’ampleur et de dégénérer si l’économie mondiale devait connaître un nouvel accès de faiblesse, avec comme conséquence une augmentation des travailleurs pauvres et des bénéficiaires d’assistance alimentaire (food stamps, dont les coûts sont passés de $40 milliards en 2008 à $80 milliards en 2013). En Europe, les taux de chômage dépassant les 25% pour l’Espagne et la Grèce risquent de s’étendre à d’autres pays faibles du continent et d’aboutir à de nombreux mouvements de révolte, qui pourraient également dégénérer.

Coïncidence encore ? Au mois de janvier 2014, La présidente du FMI, Madame Christine Lagarde, fait un discours pour le moins surprenant sur la signification du chiffre 7 et sur l’importance de la date charnière de 2014 (=2+0+1+4=7), du G7 (G = 7ème lettre), et du 70ème anniversaire des accords de Bretton Woods. Je ne pense pas que le message de Lagarde soit codé comme le dit la vidéo ci-dessous. Elle espère juste un prochain cycle de 7 années prospères 2015-2021, et tente au contraire de décoder, du mieux qu’elle peut, ce que lui souffle son subconscient. Je pense qu’elle a raison sur le timing des cycles, mais qu’elle se trompe complètement sur la nature du cycle suivant.

2014/2015 est effectivement une période charnière de la longue vague corrective de K qui a débuté en 2000/2001, sensé purger l’économie de l’excès de dette. Lagarde dit à ce propos « on a laissé le grand froid paralysant derrière nous », mais le froid paralysant de l’hiver de K va malheureusement se poursuivre jusqu’à ce que le problème de la dette soit définitivement réglé. Je pense que le prochain cycle de 7 ans sera le pire des trois, parce qu’il devra s’en prendre à la source de tous les maux : le système monétaire et financier, et parce qu’il devra aboutir aux réformes nécessaires qui ont été repoussées jusqu’ici. Il faut s’attendre à un krach historique des marchés actions en 2014 ou 2015, et plus tard, à un effondrement du dollar. Mais peu importe le déclencheur, une rechute est inévitable. La présidente du FMI le dit elle-même : « La crise n’est pas terminée », et aucune reprise économique véritable ne pourra voir le jour sans que cette crise ne termine le job qu’elle a commencé.

 

 

> LIRE LA PARTIE II