Wo ist mein Gold ? (Où est mon or ?)

En 2012 le Venezuela récupérait 160t d’or stocké au Canada, en Europe et aux USA. La même année, la Bundesbank demandait à contrôler l’or qu’elle avait déposé auprès de la Fed durant la guerre froide. Devant le refus de la Fed, officiellement pour des raisons de sécurité, la Bundesbank exigeait le rapatriement en Allemagne de 300t d’or, sur un total de 1536t stockés aux USA. Mais il faudra attendre jusqu’en 2020 pour les récupérer ! A la fin 2013, seules 5 tonnes d’or ont été restituées par la Fed.

Si l’or n’avait pas été prêté à des banques pour le jouer sur les marchés financiers (ou pour manipuler le cours de l’or), ce ne serait l’affaire que de quelques jumbo jets sécurisés pour le récupérer en quelques mois. Mais une grande partie de cet or n’est plus à New York, et la Fed doit gagner du temps pour éviter que d’autres demandes ne s’entassent sur son bureau. Les banques centrales sont au courant de ces pratiques et certaines ont tout simplement peur de ne jamais pouvoir récupérer leur or. Mieux vaut donc le demander pendant que l’empire est encore debout !

En tout, la Bundesbank veut rapatrier 700t d’or de l’étranger. La Hollande et la Suisse pourraient se joindre au cortège des demandes de rapatriements. Le vent tourne et la Fed commence à transpirer…

Pendant ce temps, Russie et Chine accumulent régulièrement les barres d’or dans les coffres de leur banque centrale. Il y a une année, un officiel chinois disait que les achats d’or de leur banque centrale devaient se faire en douceur pour ne pas produire une trop forte hausse du prix, qui nuirait aux consommateurs chinois (en a-t-il trop dit ?). Non seulement la banque centrale de Chine accumule de l’or (sans en dévoiler les chiffres), en prévision de l’après dollar, mais en plus elle encourage ses citoyens à le faire. Quel contraste avec l’Occident ! Pas étonnant que les Chinois se soient rués sur l’or physique en 2013, battant tous leurs précédents records d’achat et devançant les Indiens, dont les mains ont été stupidement liées par leur gouvernement. En suivant le flux de l’or, vous arrivez aux pays qui se préparent à dominer le monde de demain…

 

En rouge le stock d’or officiel de la Fed. En jaune, le ratio de la dette fédérale contre la valeur du stock d’or. La dette explose et sa couverture par l’or de la Fed se réduit comme peau de chagrin. L’empire dominant vit au-dessus de ses moyens et son or quitte ses frontières pour l’Asie.

 

Que reste-t-il des 8133t d’or américains dans les coffres de Fort Knox ? La dernière inspection remonte à 1953, aucun expert externe n’a été autorisé durant l’inspection et seules 5% des barres ont été testées. En 2009, une fausse barre de fabrication américaine a été détectée par des banquiers de Hong Kong, et selon certaines sources, celles-ci seraient couramment utilisées par Fort Knox pour masquer les lingots manquants qui ont été prêtés sur le marché. Cette barre aurait été expédiée par erreur…

N’avait-on pas essayé de démonétiser complètement l’or à la fin des années 90, comme le montraient les ventes massives des banques centrales de plusieurs pays européens ? Ne pensait-on pas se passer définitivement de l’or à cette époque de suprématie mondiale du dollar? La hausse inattendue (pour les officiels de la Fed) du cours de l’or depuis 2001 a dû être un sacré casse-tête !

 

Ach ! Wo ist mein Gold !?

 

Ce n’est plus un secret que, dans ce monde « financiarisé et titrisé » à l’extrême, l’or physique peut être alloué à plusieurs clients en même temps, de façon à jouer le capital sur les marchés financiers et à en tirer davantage de rendement. Et lorsque les clients voudront mettre la main sur leur or, ce sera le jeu des chaises musicales mais avec très peu de chaises ! Sur le marché de l’or papier COMEX à New York, il n’existe actuellement que 1 once d’or physique disponible pour 110 onces d’or papier en circulation. Comme ce marché est le jeu de spéculateurs, qui demandent rarement la livraison de l’or sensé être échangeable avec le contrat à terme, la musique peut encore continuer quelques temps. Jusqu’à ce que l’or physique devienne plus désirable que l’or papier.

La perte de confiance entre les banques centrales avec leurs réserves d’or a amorcé le premier pas vers la fin de ce petit jeu de passe-passe entre l’or physique et l’or papier. Suivra la méfiance des investisseurs envers certains ETFs comme le GLD. L’arrêt final du jeu sera prononcé avec la perte de confiance totale dans le présent système de monnaies fiduciaires et les  Etats qui les émettent (crise monétaire).

 

>> LIRE LA PARTIE 3: LES FRAPPES MYSTÉRIEUSES DU PRINTEMPS 2013 SUR LE MARCHÉ DE L'OR