Le niveau de la dette publique mondiale a grimpé en flèche depuis la crise financière, atteignant des niveaux jamais vus en temps de paix.

Selon une analyse de Deutsche Bank, les principales économies de la planète ont une dette qui dépasse en moyenne 70% du PIB, soit le niveau le plus élevé des 150 dernières années, à l'exception d'un pic aux alentours de la Seconde Guerre mondiale, ce qui soulève de profondes interrogations quant à la viabilité de l'accumulation de dettes.

Contrairement aux périodes précédentes, où les gouvernements enregistraient des excédents en temps de paix, les pressions exercées par les systèmes démocratiques et sociaux modernes ont fait des déficits persistants la norme dans de nombreux pays. Ceux qui espèrent voir se répeter le grand désendettement de 1945-1980, lorsque le ratio dette publique sur PIB du Royaume-Uni, de la France, du Japon, de l'Australie et du Canada a chuté de plus de 100 points de pourcentage, risquent d'être déçus.

"Il est difficile de recréer de manière durable un tel scénario aujourd'hui. La croissance du PIB était bien plus élevée à cette époque en raison de la démographie favorable, de la reconstruction de l'après-guerre et de la forte croissance de la productivité", a déclaré Jim Reid, Deutsche Bank.

Selon M. Reid, il est probable que les banques centrales continuent d’intervenir sur les marchés, ce qui a permis aux gouvernements de s’endetter davantage depuis la crise, peut-être même de financer directement leurs dépenses avec la "monnaie hélicoptère".

"Nous ne sommes pas à mille lieues de cela," dit-il. "Par leurs actions agressives au cours de la dernière décennie, les banques centrales sont prises à leur propre piège et doivent intervenir continuellement sur les marchés obligataires. Elles ont sans doute dépassé le point de non-retour."