Market Report Décembre 2012

L’événement marquant de ces derniers jours est le dépassement des rendements des bonds du trésor italien au dessus du niveau critique des 7%.

Niveau insoutenable à partir duquel l’Irlande et la Grèce se sont tournées vers l’Europe pour demander un plan de renflouement.

L’Italie a donc besoin d’aide financière, mais à la différence de la Grèce, la taille de l’Italie dans l’économie mondiale est beaucoup plus importante :

- L’Italie possède 2 Trillions d’euros de dette, c’est plus que la totalité de dette de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne réunis.

- L’Italie possède la 4 ème plus importante dette au monde.

- La moitié de cette dette est détenue par des banques à travers le monde.

- Les banques Françaises en détiennent 400 Milliards d’euros.

L’Europe et le FMI ont demandé à l’Italie de réduire ses dépenses via un plan d’austérité, mais ces mesures viennent trop tard et l’Italie ne pourra réduire suffisamment rapidement ses dépenses.

L’austérité tuera toute reprise de la croissance et l’Italie ne pourra plus payer les intérêts dus sur sa dette, elle sera étranglée.

Une crise majeure se prépare en Europe

De mon point de vue, la BCE est en train de préparer le plus important plan de renflouement de l’histoire (1 Trillions d’euros minimum) pour sauver l’Italie et les autres pays européens en difficulté.

Elle ne le dit pas pour le moment (pour limiter les anticipations inflationnistes) mais la première décision de Mr Mario Draghi, nouveau président de la BCE, de baisser les taux d’intérêts, ne trompe pas.

L’Europe ne peut pas se permettre de laisser l’Italie s’effondrer, sa chute aurait des conséquences systémiques (faillite des banques et chaos social) qui entraineraient un effondrement de l’Europe.

La BCE va suivre l’exemple de la FED en abandonnant son double objectif de stabilité des prix et de faible inflation.

L’Allemagne a bien essayé de convaincre l’Italie de faire appel au fond de stabilité Européen (EFSF), mais l’EFSF n’a pas les capacités financières permettant un sauvetage d’un pays de la taille de l’Italie.

Pire encore, la semaine dernière, l’EFSF n’a pas été capable de vendre des bonds à 10 ans pour un montant de 3 Milliards par manque d’intérêt des investisseurs. 

Les bonds ont été finalement vendus ce lundi certes, mais l’EFSF n’a pour le moment réussi à lever que 13 Milliards d’euros via des ventes de bonds. Montant auquel il faut certes ajouter 440 Milliards de garantie apportés par les pays de la zone euro mais si l’Italie demande à bénéficier de l’EFSF, l’EFSF perdra un de ses plus important contributeurs.

On cherche aujourd’hui à augmenter la capacité financière de l’EFSF via l’effet de levier et l’endettement, donc en utilisant exactement le même mécanisme qui a conduit à la crise : trop de dette et d’effet de levier.

Ce choix est une aberration et ne permettra pas de résoudre cette crise.

Réaffirmation du rôle de l'or :

Lors du G20 a été émise l’idée que les états Européens apporteraient leurs réserves monétaires et d’or afin de soutenir l’EFSF, ce qui permettrait d’augmenter la capacité financière de l’EFSF notamment via l’effet de levier.

Dés que l’Allemagne a eu connaissance de cette idée, elle a catégoriquement refusé d’apporter ses réserves d’or en soutien, en précisant que ses réserves d’or étaient « intouchables ».

Pourquoi est ce que l’Allemagne est prête à financer l'EFSF avec ses réserves d’euros mais pas avec ses réserves d’or ?

Ce comportement de l’Allemagne n’est pas anodin et prouve que l’or redevient l’actif le plus stratégique en possession des Etats. (Il l'a en réalité toujours été, mais pas aux yeux du grand public).

Actif que toute personne devrait détenir également par sécurité car il représente la forme ultime de monnaie.

Nous en avons maintenant la preuve en observant le comportement des Etats : Allemagne qui refuse de compromettre son or, Venezuela qui demande le rapatriement de son stock d’or physique, fuite du dirigeant Tunisien avec…des réserves d’or, etc.

L’Allemagne et la France savent également qu’elles sont menacées par un effet de contagion, à partir du moment ou les banques de ces deux pays se retrouveront exposées à des pertes dues à la baisse de la valeur des bonds du trésor Italien.

La seule solution temporaire est la monétisation de la dette italienne par la BCE via un plan de renflouement massif.

La crise en Europe et la peur de l’effet contagion sont deux éléments qui serviront également de prétexte au lancement d’un QE3 (plan d’assouplissement monétaire/monétisation de la dette US) aux Etats Unis par la FED.

Avec la BCE et la FED aux mannettes pour monétiser des dettes colossales (afin de sauver les banques en priorité), les niveaux d’inflation exploseront partout réaffirmant l'or comme seul investissement permettant protection maximale et potentiel de croissance.

La crise actuelle est une crise du système monétaire, l'effet domino continue.